Projet de mosquée à Orléans-La-Source

1 .Les « mosquées » de la Source confrontées au GPV

La première association des musulmans d’Orléans La Source date de 1981. Elle a ainsi permis aux musulmans de prier dans des locaux, certes inadaptés, mais transformés en salles de prière. La première était un local à vélos situé dans le quartier des Frères Chappes or, celui-ci devenant trop étroit au bout de 10 ans, les fidèles ont dû se diriger vers des hangars commerciaux, dits « mosquée d’Aldi » et en 1996 « mosquée de Beauchamps ». La population, de plus de 55 % musulmane à la Source, a ainsi démontré sa maturité à gérer son culte seule pendant près de 30 ans. Aujourd’hui, elle se trouve confrontée à la destruction de la salle de prière du centre commercial de Beauchamps, ce dans le cadre du GPV (Grand Projet de Ville d’Orléans). Les musulmans de la seconde et troisième génération nés en France, à Orléans pour leur majorité, saisissent cette opportunité qui leur permettra d’accomplir le désir de plus de 15 ans qui est celui de se recueillir au sein d’une mosquée digne pour les Orléanais de la Source et d’Orléans Sud.

2.Quand le provisoire devient inadapté

Le local de Beauchamps de 118 m² est lui aussi devenu trop étroit lors des rassemblements importants de la vie rituelle musulmane. Si étroit, que pour faire face à l’affluence du vendredi et du mois du Ramadan, des tentes de fortune ont été installées provisoirement avec l’accord de la ville. Par ailleurs, afin d’améliorer les conditions des fidèles et ainsi pallier au froid, à la pluie et aux prières sous les bâc hes, un accord avec le propriétaire de l’ancienne superette de Beauchamps a permis de mettre à disposition son local aux fidèles. Toutefois, il est indéniable que ce local restait inadapté aux besoins des fidèles. Pourquoi a-t-il fallu attendre trente ans pour pouvoir sortir des salles de prières inadaptées ? Tout d’abord, la première génération de musulmans arrivée en France « provisoirement » a été confrontée à de nombreuses difficultés, la première étant de répondre à des besoins vitaux. Ceci explique que, malgré la volonté de prier collectivement, l’un des piliers de la pratique musulmane, la création d’un lieu de culte ne fut que secondaire. Ils ont tout de même ouvert la voie avec leurs faibles moyens en se réunissant dans un local à vélos ou encore dans un hangar commercial. Ce qui représentait une véritable évolution étant donné le contexte de l’époque. En effet, la barrière de la langue, la difficulté à s’intégrer et à se projeter durablement en France, le « devoir » de discrétion, le manque de stabilité représentaient un ensemble d’obstacles à surmonter. Enfin, comme toute minorité, la communauté musulmane a longtemps connu des difficultés à s’organiser et à exprimer ses besoins aux autorités locales ce qui justifie notamment ce retard à Orléans La Source. La communauté s’est ensuite regroupée au fur et à mesure, ce qui a permis une plus grande cohésion.

3.L’heure de la prise de conscience

Le caractère secondaire du lieu de culte a rapidement fait place à une prise de conscience de la part des fidèles. Le temps de « l’Islam des caves » est révolu. La communauté musulmane a trop longtemps enduré des conditions de culte loin d’être idéales et souhaite aujourd’hui s’orienter vers un lieu de prière plus décent. Les besoins des fidèles sont de plus en plus ciblés. Ces derniers expriment un droit à sortir d’un traitement exceptionnel vers un droit commun qui est celui de posséder un lieu de prière digne afin d’exercer librement son culte, comme le garantit le droit Français. En observant et en s’enrichissant des expériences de leurs coreligionnaires des villes voisines, les musulmans sourciens ont ainsi pris conscience de leur retard et de l’importance de la mobilisation de tous autour d’un projet commun et fédérateur.

4.Un projet qui s’intègre dans le paysage urbain

Aujourd’hui adultes, les deuxièmes et troisièmes générations de musulmans français, détiennent les outils qui manquaient à leurs prédécesseurs en matière d’ingénierie, d’organisation et de communication et s’emparent du projet. Ils souhaitent ainsi l’inscrire dans le paysage sourcien de manière à concevoir un lieu cultuel moderne qui s’intégrera harmonieusement avec la rénovation d’Orléans La Source. La mosquée de Beauchamps étant vouée à être détruite, une dynamique autour du projet s’est créée avec un groupe de Sourciens déterminés à exprimer clairement leurs besoins aux acteurs municipaux. Celle-ci a désormais compris et entendu ce besoin, grâce à celui à qui appartient la Terre entière : Malikou Almulk…

5.De la mobilisation à l’action

Il appartient à tous aujourd’hui de faire en sorte de sortir notre culte de cette précarité et de cette instabilité que nos parents ont connues. Une équipe s’est ainsi constituée afin de mener à bien ce projet de construction d’un centre cultuel et culturel à Orléans La Source. Cette équipe de projet s’articule autour d’un objectif commun, celui d’accéder à un lieu de culte à la fois digne, décent et moderne. La structure associative retenue permettra à ses adhérents d’élire ses représentants pour une durée fixe et déterminée, en respectant les règles de la communication, de la concertation dans le choix des actions à mener et de la transparence de sa gestion comptable. Cette détermination prend sa source dans notre foi et dans l’urgence de la situation. Nous sommes face à un défi d’importance majeure qui, avec le soutien de tous, permettra à notre communauté d’accéder à un lieu d’une richesse inestimable. C’est pour défendre ce projet que nous comptons sur la solidarité et la générosité du soutien indispensable de nos frères et sœurs qui partageront cet élan avec leurs familles, voisins, amis, collègues, etc. Nous avons tous l’opportunité d’apporter notre pierre à l’édifice, de quelque manière que ce soit. Dans vos du’as priez avec nous pour qu’Allah Le Puissant fasse que ce projet d’une mosquée à Orléans La Source apporte un changement, un progrès et une richesse islamique pour nous, nos enfants ainsi que toutes les générations suivantes.

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